Concert du  8 novembre 2019, médiation par Olivier Delaunay

Trio de cuivres

Bonjour à tous, et bon appétit !

Au St Pierre ce midi :

Après un concert de quatuor à cordes, un concert de métal. Surprise ! Ah ben on est comme ça nous, on aime bien le grand écart, ça nous fait pas peur… 

Non non non ne partez pas, restez là. Je ne parle pas du métal des punks, des guitares à fond et des voix d’outre tombe, des rites sataniques et des barbes de 6 mois. Je parle d’un autre genre de métal. Mais de quel métal par-le je ? Attention vous êtes prêts ?

Top ! 

Je suis un un élément du groupe 11 et de la période 4. De numéro atomique 29, je suis un élément du bloc de métal de transition chalcophile. Bien qu’un peu moins précieux, je suis de la même famille que l’argent et l’or. Ma couleur orangée fait qu’on me confond souvent avec le bronze, qui est un de mes alliages possibles. On me trouve dans la composition de la plupart de vos rallonges et dans certaines de vos vieilles casseroles à meilleure soupe, ainsi que dans la bouillie bordelaise que vous pulvérisez tous les ans sur vos géraniums, je suis, je suis…

Le cuivre!!

Voilà donc, pour changer, une formation originale : Trompette, Cor, Trombone. On a disséqué le pupitre de cuivres de l’ONBA pour en greffer un morceau à notre concert d’aujourd’hui !

Outre ses applications culinaires et botaniques, le cuivre et ses alliages (le laiton en l’occurence) est apprécié autant par les électriciens que par les musiciens, parce qu’il est très bon conducteur. Il ne grille jamais un feu rouge et laisse toujours passer les piétons… 

Sans blague, l’humanité s’est vite aperçue qu’en soufflant dans un tuyau de cuivre, ou de bronze on pouvait obtenir un son puissant, riche et très reconnaissable. Un son efficace, car les propriété de conduction (et pas de conduite donc) des alliages à base de cuivre sont Pas toujours d’une grande justesse, mais bon, au départ on était pas là pour faire de la musique. On est chez les égyptiens au Vème siècle avant JC, il ne s’agissait pas de jouer la sérénade à une comtesse empoudrée, il s’agissait juste de se faire entendre par des soldats…

Car, oui, les premières utilisations des cuivres ont été militaires. Pour donner le signal de l’attaque, sonner la retraite ou annoncer que la soupe était prête…

Mais comme disait Clémenceau : “La musique militaire est à la musique ce que la  justice militaire est à la justice, c’est à dire pas grand chose…” Et notre cuivraille aussi avait envie de jouer des belles mélodies, de beaux concertos. Alors compositeurs et luthiers du XVIIème se sont emparé de ces bouts de tuyaux pour les faire évoluer et les intégrer à l’orchestre à côté des mignonnes flûtes et des gentilles clarinettes. Quand l’embouchure rejoint l’anche, quand le piston adopte la clé, l’orchestre symphonique prend un virage décisif vers sa forme définitive, la grande famille des vents gagne de nouveaux cousins germains : les cuivres.

Et nous autres, aux Caprices, on pousse le bouchon encore plus loin, car aujourd’hui on offre à cette belle famille un concert rien que pour elle, aux naufragés du répertoire solo un moment de gloire, avec ce concert inédit.

Je ne vous cache pas que les compositeurs de toutes époques ont été plus inspirés par le quatuor à cordes (pour les raisons que je vous ai expliqué la dernière fois) que par le trio Trompette – Cor – Trombone que l’on vous présente aujourd’hui. Le brass Trio (ou trio d’harmonie) comme on l’appelle aujourd’hui n’est exploré que par des compositeurs modernes, sans doute sous l’influence du jazz et des sonorités nouvelles qu’il apporte à la musique occidentale.

C’est pourquoi une partie du menu du jour est une revisite, une re-écriture, une adaptation. En musique on appelle ça des arrangements. On s’arrange avec les modes de jeux, les hauteurs et les timbres pour transposer d’une formation à une autre la musique qu’on a envie de faire entendre. 

Un peu comme le cuivre se transforme dans l’ampoule de votre cuisine pour changer le courant en lumière.

Et voici sur notre podium, sans plus tarder, nos vaillants soldats du jour, qui vont vous montrer de quel métal ils se chauffent : 

  • En bronze : Le roi de la glisse, qui n’a besoin d’aucun piston pour rentrer dans notre orchestre, car c’est de la coulisse qu’il est entré aux Caprices, le trombone qui détonne du brillant Etienne Serves !
  • En argent : son espèce est certes sonnante, mais jamais trébuchante, le cor de rêve de Julien Lucas !
  • Et enfin, un gars en or. S’il avait fait son service militaire il y aurait plus volontiers sonné l’heure de l’apéro que celle des héros, la trompette bien embouchée de Laurent Dupéré !

Les autres concerts

X