quatuor vocal : le plisson

Au St Pierre ce midi,

Un amuse bouche un peu particulier, enfin plutôt un amuse oreilles! Un amuse langue aussi, un amuse-mots. Des jeux de joie et de plaisirs (en tous genre, si vous voyez ce que je veux dire…). On va vous chatouiller là ou ça grattouille, égayer vos palais de mets fins et courtois, avec un quatuor à cordes vocales, sensibles et piquantes.

Les musiciens du jour ont toujours leur instrument sur eux, leur organe est leur outil de travail et leur corps le résonnateur des ondes qui vont vous traverser, parce qu’ils sont … Chanteurs! Alexis Duffaure, Caroline Batt, Jean-Paul Balsat et Sophie Lourenço ont tous suivi une formation classique mais ils ne chantent pas avec le vibrato de Pavarotti, car leur voix est doite comme un “I”, esthétique oblige… Leur vibrato, c’est ensemble qui le construisent. Leur vibrato, c’est le spectre des accords qu’ils dessinent. Chez eux les tierces sont souvent picardes, les quintes toujours juste. Avec eux, il y a du monde sous le balcon pour chanter la sérénade. Et si le temps se décale, si les mots se téléscopent dans le gloubi-boulga du contrepoint, c’est parce que les compositeurs l’ont voulu, point!

Et même s’ils ne l’avaient pas voulu, c’est pas eux qui vont nous chercher des noises, les pauvres ont vogué vers d’autres cieux il y a bien bien longtemps. Ils n’ont connu ni Louis XVI, ni Louis XIV, ni Louis Armstrong, ni même Louis XIII. Ils ont peut-être connu François 1er, et encore, pas personellement…

Bref, vous l’avez compris, c’est la Renaissance qui s’invite à table ce midi. Renaissance Française, Renaissance italienne, Renaissance espagnole. Européenne en somme même si, entendons-le, chacune a ses chappelles et ses identités propres. Les chanteurs vous le diront mieux que moi puisqu’ils présentent eux-mêmes leurs morceaux de choix!

En parlant de chappelle, un avertissement. Esprits pieux et chastes passez votre chemin, ce pain n’est pas pour vos oreilles. Il n’est pas le corps d’un sauveur, il n’a pas le goût de la vie après la mort (à moins qu’elle soit petite..). Il a le goût de la vie qui badine ici-bas. Bienvenus donc au pays d’Epicure, de l’amour courtois, de Rabelais et de Pétrarque. Au pays des bergers et des pastourelles où l’on n’entend pas de musique sacrée, que de la sacrée musique, profane.

Brotaglio, Claude le Jeune ou Juan de Anchieta ont bien sûr écrit de la musique pour le très haut, commandée, ordonnée par l’Eglise ad maiorem Dei Gloria. Certains d’entre eux étaient des proches d’Ignace de Loyola. Des hommes sérieux donc, des Jésuites appliqués à composer des ésbroufes-chrétiens verticaux et solennels. Mais parfois leurs divagations les enmenaients vers des compositions plus farfelues, plus innattendues, plus mouvantes, et bien sûr plus coquines… En bref, les artistes n’ont pas attendu le rock’n’roll pour être survoltés, et la musique n’a pas attendu Molière pour être théatrâle.

Mesdames et Messieurs, le Plisson!

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